À compter du 1er mai, la Chine accordera un accès en franchise de droits aux exportations de 53 pays africains, étendant ainsi son régime d'exemption de droits de douane à la quasi-totalité du continent. Seul l'Eswatini fait exception, en raison de ses relations diplomatiques avec Taïwan.

Chez Afrikanet, nous considérons cela comme l'un des changements les plus importants de ces dernières années dans les relations commerciales entre la Chine et l'Afrique.

Que signifie réellement « tarif zéro » ?

Un droit de douane est une taxe appliquée aux marchandises importées. La suppression des droits de douane permet aux exportateurs de vendre leurs produits sur le marché de destination sans surcoût. Concrètement, l'accès sans droits de douane signifie que les produits africains entrant en Chine ne seront pas soumis à des droits d'importation, ce qui les rendra plus compétitifs sur le marché chinois.

Pour les exportateurs, cela peut améliorer leurs marges ou leur permettre de baisser leurs prix. Pour les acheteurs chinois, cela peut se traduire par un accès plus abordable aux produits africains.

Pourquoi c'est important

La Chine est déjà le premier partenaire commercial de l'Afrique. En supprimant les droits de douane sur la quasi-totalité des importations en provenance de 53 pays, Pékin renforce ses liens économiques et risque de remodeler les flux commerciaux.

Du point de vue d’Afrikanet, cette politique pourrait avoir un impact particulièrement important sur :

  • Exportations agricoles telles que le café, le cacao et les fruits

  • Ressources naturelles et minéraux

  • Produits manufacturés issus des secteurs industriels émergents

Des barrières plus faibles pourraient encourager la diversification au-delà des matières premières – un objectif que de nombreuses économies africaines poursuivent depuis des années.

La dimension stratégique

La politique commerciale se résume rarement à des considérations purement économiques. L’élargissement de l’accès en franchise de droits renforce les partenariats de longue date de la Chine en Afrique. Il témoigne de son engagement, consolide les relations diplomatiques et accroît l’interdépendance des marchés.

Parallèlement, l’exclusion de l’Eswatini met en lumière la dimension géopolitique de cette décision. L’accès aux échanges commerciaux, dans ce cas précis, est étroitement lié à la reconnaissance diplomatique.

Cela transformera-t-il automatiquement les économies africaines ?

Pas nécessairement.

La suppression des droits de douane réduit un obstacle, mais ne résout pas des problèmes tels que :

  • Capacité de production limitée

  • Contraintes d'infrastructure

  • Normes de qualité et de certification

  • Frais de logistique et d'expédition

Pour de nombreux exportateurs, l'accès au marché chinois reste conditionné par le respect des réglementations, la régularité des approvisionnements et des normes de production compétitives.

L'opportunité est importante, mais sa réalisation dépend de la préparation.

Un changement plus large dans le commerce mondial

À l’heure où certaines régions du monde érigent des barrières commerciales, la politique chinoise d’élargissement de l’accès en franchise de droits constitue une approche différente. Elle témoigne d’une stratégie axée sur le renforcement des relations commerciales Sud-Sud et le positionnement de la Chine comme marché central pour les économies en développement.

Chez Afrikanet, nous considérons cette évolution non seulement comme un fait divers, mais aussi comme un signal de l'évolution de la dynamique du commerce mondial que les entreprises africaines doivent comprendre et anticiper.

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